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La Suisse se tire une dizaine de balles dans le pied

Affiches de campagne sur l'immigration en Suisse

(c) Lefigaro.fr

Un rapide mot sur le résultat du référendum qui a eu lieu en Suisse tout dernièrement : la Suisse se tire une dizaine de balles dans le pied. Et je ne suis pas étonné que les cantons de Genève et de Vaud aient voté non (= refus des quotas pour l’immigration européenne) quand on sait que près d’un quart des travailleurs Genevois sont Français : « L’économie genevoise ne fonctionnerait pas sans les frontaliers, qui occupent près d’un quart des emplois du canton. »Swissinfo.ch

J’aimerais voir Genève sans ses frontaliers, j’aimerais voir la Suisse vivre en autarcie (même si nous n’en sommes pas encore là). Leur campagne nauséabonde sur les frontaliers semble avoir touché la population. La Suisse, si neutre soit elle, va devoir payer les conséquences de son choix.

Je ne comprends d’ailleurs pas que Pierre Chappaz, Français vivant désormais à Genève, accepte aussi bien un tel choix…

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La dégoulinante solidarité de certains me dégoûte ( #Botzaris36 )

Je rentrais du boulot, fatigué d’une journée bien remplie quand le hasard me fit croiser (si l’on peut croiser une émission) cette brêve de France Culture. (que je vous propose d’écouter, je vous mets l’image pour que vous sachiez où placer le curseur de temps vu qu’ils ne mettent pas le temps écouler, ces pingres !)

Il est question des Tunisiens arrivés en France après leur révolution pour trouver du travail.

On commence par le très émouvant témoignage d’un ex-mécanicien. Le pauvre naif a cru ses compères (des émigrés de plus longue date) quand ils lui disait qu’on pouvait facilement gagner beaucoup d’argent en France. J’ai mis en gras pauvre naif, vous comprendrez pourquoi je pense…

Le brave s’étonne ensuite de ne pas avoir été accueilli chaleureusement par les propriétaires du jardin qu’il comptait squatter pour la nuit. Certes, la culture de l’accueil entre nos deux pays n’est pas la même, le minimum serait encore de se renseigner avant de pénétrer dans une propriété privée, ne serait-ce que pour rencontrer l’hôte, non ?

Puis c’est le tour d’un militant à Réseau Education Sans Frontière qui nous parle de la mobilisation de soutien à ces gens, mobilisation que l’on retrouvait sous le hashtag #botzaris36 et qui regroupait les gens « scandalisés » qu’on laisse des gens dans la rue (ce qui fait beaucoup de gens).

Faut-il rappeler à ces bienfaiteurs qu’en France on compte quelques SDF ? Et que ceux-ci ont beaucoup moins l’air de scandaliser, pourtant ils demandent la même solidarité, depuis longtemps…

Tiens, les bienfaiteurs vont même essayer de trouver du travail, un logement et des papiers pour ces nouveaux venus ! Pile ce dont le France avait besoin, en pleine crise du logement et de l’emploi qui-ne-trouvent-pas-preneur ! Ou alors, on déboursera 300 € pour les aider à rentrer chez eux (mais on m’annonce dans l’oreillette que c’est 2000 € ! qu’il faudrait leur donner pour cela).

Le reste est tout aussi croustillant ! L’état a tout fait « pour empêcher qu’une force de résistance s’installe ». Ah les salauds ! Vous imaginez, une bande de joyeux lurons tunisiens comptait s’installer définitivement dans des lieux (qui ne leur appartenaient sensiblement pas) et l’état s’est mis en travers de leur route, les empêchant de devenir un mouvement organisé !

Et là où il faut remercier le mairie de Paris, c’est quand elle décide de rajouter une aide de 700 € aux 300 € déjà prévus pour les aider à retourner chez eux, en Tunisie. Soit 1000 €, un SMIC en fait.

Allez sur le site d’Air France, cherchez un Paris-Tunis, ça ne coûte même pas 500 €, et c’est du Air France…

A la fin de ce reportage, j’ai éteint la radio et pensé à tous ces Français dans la merde qui demandent depuis des annéesles mêmes choses que ces Tunisiens fraîchement débarqués. Et je m’étonne qu’on autorise la diffusion d’un reportage que je trouve scandaleux et profondément injuste pour toutes ces personnes dans le besoin alors qu’elles sont en droit, légitimement, d’avoir de l’aide de leur état. Je n’ai rien contre les Tunisiens, mais j’ai toujours du mal à accepter que la solidarité ne soit pas d’abord tournée vers les citoyens français.

S’il n’y avait pas eu la splendide victoire d’un Français aujourd’hui sur le Tour (et bien que Voeckler perde le Jaune), je crois que cette info aurait suffit à pourrir ma fin de semaine.

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A quel point l’immigration nous est-elle bénéfique ?

Je viens de lire un billet de Gildan qui se met à la politique, et qui m’a fait réagir. Son billet était lui-même en réaction à un article des Echos que vous pouvez lire ici.

Il est question de l’apport de l’immigration pour la France, question d’actualité avec les récentes déclarations sur l’aménagement possible du contrôle aux frontières.

L’article commence par nous dire que la France est le plus vieux pays qui connait de l’immigration en Europe, cela a commencé début XXè avec 300 000 arrivants par an, aujourd’hui nous serions à 200 000 immigrés chaque année.  A cela s’ajoute le fait que 100 000 Français partiraient soit un apport net de 100 000 habitants par an. Soit. Premier bémol tout de même, l’article nous parle d’« arrivées d’étrangers non communautaires » ce que je ne comprends pas du tout. Qu’est ce que des étrangers communautaires ? Et pourquoi ne les compte-on pas ?

Vient la question de Guéant « Pourquoi les Français ne se sentent plus chez eux ? ». S’il y a 200 000 nouveaux Français chaque année depuis 1920, les Français, qu’ils appellent natifs dans l’article, peuvent effectivement se sentir de moins en moins chez eux, non ?

Beatles Help Album Pochette OriginaleImmigration et aides sociales.

« La France est l’un des pays développés les plus généreux en termes de protection sociale. Un atout, pour attirer les « talents » étrangers. »

Pourquoi serait-ce les talents qui seraient attirés par la protection sociale ? Je dirais plutôt que ce sont les gens dans le besoin et dans la pauvreté, mais bon…

Il est avoué que les immigrés (désolé si je raccourcis personnes immigrées en immigrés) sont les plus bénéficiaires des aides pour le chômage et le RMI. « Du coup, si l’on compare à une date donnée (ici 2005) la contribution globale au budget des administrations publiques avec le volume des aides versées, les immigrés apparaissent favorisés par rapport aux nationaux. ». S’ensuit une phrase que je trouve très complexe et qui est résumée ainsi deux lignes après : « En somme, les immigrés étant proportionnellement peu représentés parmi les plus de 60 ans, qui sont les premiers bénéficiaires de la protection sociale (maladie et retraite essentiellement), leur poids dans les comptes sociaux reste faible, et ce malgré un taux de chômage élevé. Sur un strict plan budgétaire, la présence d’immigrés est même positive, du fait de l’apport régulier d’individus actifs. »

On peut faire ici une grosse différence entre le sens original et réel d’immigrés avec celui que comprend la population (enfin je pense). Je veux dire que le fils d’un immigré, s’il a la peau un peu colorée, a toutes les chances d’être considéré à son tour comme immigré. Ce qui fait qu’en réalité, je pense que les Français natifs se moquent du poids des immigrés au sens premier du terme dans les comptes sociaux, et de là vient la difficulté, à partir de quelle génération n’est-on plus un immigré ?

« Cet apport pourrait même être plus fructueux encore si la France parvenait à attirer des populations étrangères plus qualifiées, donc moins sensibles au chômage et avec des salaires plus élevés. »

Si on mettait en place l’immigration contrôlée et choisie (comme c’est le cas au Canada) ? Ça ne se ferait pas quand même dans un pays aussi gentil que le nôtre.

Gaston Lagaffe Non aux cadences infernalesImmigration et chômage.

La question de savoir si les immigrés prennent le travail des chômeurs Français (natifs et autres) est vite traitée. « C’est une illusion de mettre face à face le nombre d’immigrés et le nombre de chômeurs en pensant qu’ils sont substituables, estime Patrick Simon, démographe à l’Institut national démographique. Il y a des effets rémunérations, des effets compétences et de spécialisation dont il faut tenir compte. »

(Un argument de moins pour Mme Le Pen). On nous apprend après que la présence des immigrés est même bénéfique car en cas de problème, ce sont eux qui prennent d’abord, ce qui protège les natifs. Seulement le chômage est de l’ordre de 15% pour les populations d’origine africaine en France quand il est aux alentours de 9% quand on prend l’ensemble de la population française. L’immigration nous apporte donc surtout des chômeurs, ce qui rejoint l’étude faite dans la partie Immigration et aides sociales.

L’article se termine rapidement sur le fait que l’immigration ne peut pas par contre pallier le vieillissement de la population.

Ce que j’en conclus

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(parce que jusque là je n’ai fait que vous le résumer), c’est que je suis dubitatif sur l’apport de l’immigration, disons de l’immigration que l’on connait (le coup d’étrangers communautaires déjà, il m’énerve). Bien sûr, si les immigrés correspondaient pile poil aux offres d’emploi en attente, je n’aurais rien contre, mais ce n’est pas le cas.

Si l’immigration ne venait pas emplir nos banlieues déjà pleines et déjà abandonnées par le pays, si elle ne renforçait pas les tensions entre natifs et immigrés ou fils d’immigrés, si elle n’accentuait pas le communautarisme, je n’aurais rien contre.

Mais là, pour le coup, je reste dubitatif, et on peut s’indigner de vouloir revoir le contrôle aux frontières, je me dis que c’est peut-être pas plus bête. Calmer l’immigration, ça sonne un peu frontiste, mais ça ne sonne pas mal.

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