l’Internet de demain, c’est loin


Sans rapport avec la chanson j’en ai peur.

Jeudi, un intervenant d’une société irlandaise (Intercom) est venu nous faire un petit speech sur le futur d’Internet d’après lui. Déjà, vous devez savoir que j’ai commencé un stage dans une start-up, dans une sorte d’incubateur (NDRC), ici-même à Dublin.

Un petit mot sur son background, l’intervenant est passé par Google et Facebook. Pas dégueu donc.

Sa présentation portait sur le futur du web et sur la manière dont on devait concevoir sites et applications web. Sur le fait qu’Internet ne devait plus se voir comme un réseau auquel on se connecte, mais un réseau présent à chaque instant fonctionnant comme le réseau électrique (a-t-on l’impression de se connecter quand on allume une lampe ?).

Deux points m’ont un brin interpellé, et demandent je pense qu’on s’y attarde un peu.

L’Internet des choses

(c) blog.arkive.org

Nike a commencé à installer des capteurs dans beaucoup de ses produits. Les autres vont suivre rapidement. Et tous sont connectés : montres, bracelets, chaussures… L’information est toujours plus rapide d’accès, et toujours plus accessible, même au fin fond de la jungle.

Là est ma première question, soit notre relation directe avec le monde extérieur un flux de données, et Internet un autre. Le deuxième est façonné de manière à nous fournir rapidement ce que l’on cherche. Par les hommes pour les hommes. Titres, catégories, tags. Le premier demande plus d’attention pour être compris et en retenir quelque chose.

Vous êtes au milieu de la jungle et découvrez une fleur. Vous la prenez en photo et obtenez immédiatement toutes les informations sur cette fleur. Le flux de données venant d’Internet est plus facilement lisible, vous lui donnerez sensiblement plus d’attention. N’allez-vous pas louper autre chose ? La fleur elle-même ? Qu’importe son nom latin, sa répartition géographique. Vous avez devant vous un amas de matière unique, vivant, dans un environnement particulier. C’est cette unicité de l’instant présent (tout de suite les grands mots) qui me semble être perdu si l’on ne s’attache qu’aux données. Vous pourriez aussi bien ne pas avoir bouger de votre chaise, vous auriez (presque, voir second point) les mêmes données.

Créer des bulles ouvertes ?

Le deuxième point portait plus sur l’architecture des applications web elles-mêmes. Pour Paul Adams (notre intervenant), tout devait devenir plus social, plus connecté, plus personnalisé. Le concept de pages liées entre-elles étant trop proche de la presse papier, et donc d’un media plus ancien : la puissance d’Internet se trouverait forcément ailleurs.

Google, Facebook, Amazon ont fait figure d’exemples : le contenu que vous trouverez via ces systèmes sont fonction de vos amis, de vos goûts et de vos habitudes. Permettant de centrer Internet sur l’expérience utilisateur et de reproduire les interactions que vous pourriez avoir dans un vrai commerce face à de vrais vendeurs. Ce qu’un catalogue papier, un journal ou un livre, ne pourrait pas faire.

La question est alors : comment éviter de créer des bulles hermétiques à la nouveauté ? Si votre contenu est celui de vos amis, et celui de vos amis votre contenu (vous suivez ?), comment découvrir de nouvelles choses ? En ajoutant de nouveaux amis ? Cela ne semble pas suffisant.

Je n’ai aucune réponse, il n’y en avait pas non plus dans la présentation. C’est je pense un enjeu des entreprises du Net social. L’utilisateur devient rapidement dépendant des suggestions du service qu’il utilise (ça tombe bien, c’est leur modèle économique) : vos recherches ne sont pas neutres, elles sont biaisées. D’un autre côté, si tout le monde tombait sur les mêmes résultats, un moteur de recherche ne serait pas beaucoup plus qu’un annuaire. Proposer 50% de résultats aléatoires permettrait d’amener de la nouveauté, mais ne servirait pas les intérêts des fournisseurs. Le dilemme est compliqué, la question intéressante.

L’Internet de demain, c’est loin.

(Je me demande ce qu’en pense @RomainBlachier, habitué à parler du web)

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