Archives quotidiennes : 29 août 2010

Absolument dé-bor-dée, ou le paradoxe de Zoé Shepard

Il m’aura fallu une petite semaine pour venir à bout des 301 pages (remerciements compris) du futur best-seller de Zoe Shepard (3eme du top des ventes de cet été pour l’instant).

Avant de vous dire ce que j’en ai pensé, il est utile de vous dire d’abord pourquoi je l’ai acheté. Vous savez Zoe Shepard, c’est cette fonctionnaire qui après publication de ce livre, devrait se faire virer 2 ans de la fonction publique parce que c’est pas gentil du tout de critiquer les fonctionnaires, qui rappelons le, sont si ce n’est ceux qui bossent le plus en France, au moins ceux qui font le plus parler de leur petite personne.

zoe shepard

Bref, il y avait eu des réactions dans les blogs, forcement contre cette condamnation ressemblant fort à un dérivé de censure (et faisant bien comprendre aux prochains qu’il leur arrivera la même chose s’ils avisent de faire part à leur tour de leur étonnement vis-à-vis de nos système administratif, quoique vu le succès des livres, il pourrait y avoir de l’écho). J’étais contre cette condamnation, je voulais soutenir cette Zoé Shepard, et parce que ça coïncidait pile avec mon envie d’acheter un livre plus « politique » pour cet été, j’ai commandé ledit bouquin.

Absolument dé-bor-dée, ou le paradoxe du fonctionnaire, de Zoé Shepard donc, raconte, si je m’en tiens à la 4me de couverture, les tribulations d’une nouvelle venue dans le monde des fonctionnaires où « incompétence rime avec flagornerie », où les réunions servent à tout sauf à prendre des décisions et où son rôle se limite plus à jouer les « G.O. pour délégation étrangère » qu’à s’occuper de quelque dossier qui pourrait faire avancer le monde dans le bon sens.

couvLes premiers chapitres – ce n’est plus la 4eme de couv’ qui parle – racontent effectivement avec humour son étonnement quelque peu teinté de désillusion en arrivant dans son service et les affaires dont elle doit s’occuper, surtout après 8 années à avoir étudier des bouquins gros et indigestes comme des dictionnaires et passé un oral encore plus stressée qu’une collégienne. Il suffit que l’on ait eu une seule petite fois recours aux administrations pour je ne sais quel papier, je ne sais quelle procédure, ou je ne sais quel document à renvoyer, pour qu’on s’attache immédiatement à ce personnage très critique qui nous conforte dans les préjugés qu’on avait de l’organisation desdits services, comme par exemple que « Dans la fonction publique territoriale, c’est le décolleté qui doit être rempli, pas le CV » ou « Nos impôts financent les putes de nos élus ». (Faire des phrases longues permet de se mettre en valeur en se donnant un brin de professionnalisme, très pratique pour donner de la crédibilité à une critique).

Ce sont ces premiers chapitres que j’ai préféré, lorsqu’on rencontre la faune atypique des bureaux d’une mairie, toujours décrite avec cet humour un peu limite, plus proche d’un Guillon que d’un La Fontaine. On s’imagine parfaitement les scènes, Zoé nous parait être seule dotée de logique, ce qui nous permet de s’identifier à elle plus qu’à un autre (le personnage de Coconne est forcément moins attirant). On enchaîne les pages, sous forme de carnet de bord, jour par jour, avec une facilité de lecture appréciable (chercheurs de métaphores poussées, passez votre chemin).

Le style correspond tout à fait à celui d’un blog (dans les Remerciements, j’ai appris qu’elle tenait justement un blog). Je pensais souvent à celui de Princesse Soso pour cette raison, retrouvant le même fond et la même forme (je me suis même demandé si Princesse Soso n’était pas Zoé Shepard, mais l’une est prof, l’autre administratrice territoriale…).

C’est après une centaine de pages (ou un peu moins, ou un peu plus, vu que je donne le nombre au pif) que le style s’essouffle, comme s’il avait donné tout ce qu’il pouvait. Les anecdotes paraissent plus romancées, les dialogues plus retouchés, ça respire moins le vrai ! (L’arrivée du Bizut ne fait que renforcer cette ambiance synthétique aux arômes artificiels). S’ajoute à cela la mauvaise foi de Zoé, qui nous amusait au début, mais qui là se fait de plus en plus présente et forcée. Toute la compassion qu’on pouvait avoir pour elle se dilue dans un sentiment plus réservé, et on se demande si la brave Zoé n’en rajoute pas beaucoup, beaucoup trop. (Pour se défendre, elle fait même énoncer ce sentiment par un des personnages, Michelle, du genre « Zoé ! Personne ne trouve grâce à vos yeux… ». C’est tellement léger que ça sent la prévention histoire de réfuter les possibles connards de mon espèce qui penseront que c’est peut-être elle le problème.)

Voilà comment l’on termine le livre, avec tout de même un départ pour un projet humanitaire au Mali pour Zoé. Cette pauvre fonctionnaire qui n’avait pas réussi à accepter de faire semblant de travailler. Voilà le vrai paradoxe de ce livre, le paradoxe de Mlle Shepard : souhaiter devenir fonctionnaire et travailler.

« Mais c’est beau quand même » – Hubert Bonniseur de la Bath aka OSS 117, alias Jean Dujardin in OSS 117 Le Caire Nid d’Espions.

oss117

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Le billet de 21h16

A défaut d’avoir un jeu de mot ou un thème précis pour ce billet, appelons le billet de 21h16.

Aujourd’hui, j’ai eu la fierté de voir que Yann Savidan a fait des pronos très similaires aux miens quant aux élections de 2012, élections qui auraient alors 3 chances sur 4 de mettre une femme au pouvoir pour la première fois de notre histoire (d’un point de vue de blog macho c’est pas top, d’un point de vue démocratique ça n’a pas la moindre importance). Yann Savidan étant bien plus calé que moi en politique, ça me rassure (même si en 2 ans il peut absolument tout se passer, la candidature de Chirac, le décès de Villepin, le mariage entre Besancenot et Joly…)

Aujourd’hui, je constate que je ne vous ai jamais parlé de mon amour pour les pubs. Bien sûr les pubs ont plutôt pour habitude de nous gaver en empoisonnant les temps morts à la télé, mais il n’y a pas que des pubs à la télé d’abord, et puis c’est parce que les marques délaissent le côté créatif de la chose et c’est bien dommage. Les pubs sont un excellent concentré de créativité artistique : comment vendre un produit en un spot d’une vingtaine de secondes bourré de contraintes. 99F (le film) m’avais confirmé cet amour. Bref, et là j’ai 3 pubs à citer :

–          La pub radiophonique pour le Grand Journal de Canal+ a les mots justes pour séduire : arrêter la morosité des JT classiques pour de l’info décalée et un concept bien plus dynamique. Bref, bonne pub !

–          Macdo a eu l’outrecuidance d’utiliser les gaulois de Goscinny pour ses affiches de propagande. Je ne vois même comment il est possible d’associer leur sale bouffe avec un banquet gaulois, ça m’attriste…

–          La pub de Numéricable à la radio m’a fait découvrir la très bonne chanson Funk d’Etienne de Crecy remixée par les Bloody Beetroots (que j’ai pu voir en concert et qui déchirent littéralement) : les pubs font souvent découvrir des musiques électro très sympas !

Dernière info à propos des blogs ! Jegoun (je n’oublierai pas de le linker, je n’oublierai pas de le linker) m’a fait découvrir le Blog Action Day auquel je participerai et qui est mieux décrit ici : participez aussi 🙂 . C’est comme une chaîne mais en bien plus grand. Et dans le même genre, Homer (je n’oublierai pas de le linker non plus) propose d’écrire la suite du scénar’ d’une pub pour Meetic, j’y participerai aussi, demain.

Allez, lisez ma critique sur le livre de Zoé Shepard si ça vous intéresse, et puis bonne nuit.

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2012, bientôt en isoloirs !

2012

Comme je le disais dans mon précédent et inutile billet, Iboux m’a tagué dans une chaîne. Vous savez comme j’aime ce genre de chaînes, alors je n’ai pas hésité à me mettre dans l’idée que j’allais y participer !

Seulement voilà, blog politique, blog politique, ça n’empêche que je ne connais pas assez les potentiels candidats pour faire des pronostiques sur l’élection de 2012 (qui devrait se dérouler aux alentours de 2012).

Bon heureusement, d’autres tagués ne se sont pas trop mouillés non plus alors je ne risque pas grand chose. Il est tout à fait tolérable de se foirer lamentablement dans ses pronos 2 ans à l’avance (et c’est une superbe excuse).

Bref, Jegoun a fait très sérieusement mais comme a son habitude il a dit que non. L’initiateur de la chaîne pensait que le ventilateur de poche qui nous sert de président ne serait peut-être pas au second tour. Je mélange le tout, j’y ajoute ce que je vois sur Twitter à propos des ueps 2010 et j’en sort :

Marine LePen au second tour. Accompagnée soit de Martine Aubry, soit de Sarko.

Pourquoi Marine ? Parce que Nico (pas le blogueur) lui a bien préparé le terrain avec toutes ses histoires de roms et de Grenoble. Il suffit que le climat ne s’améliore pas et les Français vont voter dur. Marine est plus moderne que son père, même si elle dans le même genre d’activisme, elle saura faire les discours qu’il faut.

Mais elle ne sortira pas première du premier tour. Ce sera soit Sarko si celui-ci arrive à redresser la barre (par ses discours, parce que par ses actes, c’est mort) ET (condition obligatoire) que le PS foire son coup (je lui fait confiance lui aussi). En effet, si j’en crois les témoignages des ueps, l’unité, la FRA-TER-NI-TÉ, l’union des socialistes, elle est pas encore là. Alors soit ils font sortir Aubry et la présente comme véritable candidat du PS aux élections et je la vois passer, soit ça se tire dans les pattes et ils remixent 2007 avec un encore plus petit score (puisque DSK et Aubry vont énormément diviser les électeurs) et ça fera l’affaire de l’UMP (non je ne vois pas Copé se présenter).

Bon il reste le cas très classique d’un PS-UMP au second tour mais ce serait pas assez fun alors je raye. Le cas des écolos au pouvoir ne me semble pas sur le point d’arriver, même si Joly peut faire un score correct.

Allez, à Vlad, H16 et le Chafouin !

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