Je suis Français – Moi non plus Part. II


L’actualité fait bien les choses, j’avais complètement lâché l’idée de faire une suite à mon premier article traitant de la nationalité sur fond patriotique. Voilà que Nicolas Sarkozy parle de pouvoir rayer de la liste des citoyens Français ceux, d’origine étrangère, qui attaquent policiers, maire ou tout autre représentant de l’Etat. C’est marrant parce qu’il y a de quelques années, c’était la première chose que j’entendais de la part des anti-FNistes quand ils voulaient critiquer sans avoir étudié le programme de Le Pen.

Et je me rappelle aussi que rien ne me choquait alors dans cette mesure (l’insouciance de la jeunesse sans doute). Aujourd’hui, elle ne me choque toujours pas, je ne crois pas d’ailleurs être fermement opposé à cette idée. Par contre, je me rends beaucoup plus compte des difficultés de son application.

A quel point est-on Français ?

En fait cette mesure ne m’a jamais fait peur parce que je suis 100% Français, mes parents le sont, mes grands-parents le sont, mes arrière-grands-parents aussi, on pourrait remonter loin dans l’arbre généalogique, je crois qu’il n’y aurait toujours que du sang de Français… Mais je pense à certains amis que j’ai, qui ont des grands-parents étrangers, et qui sont pour autant très attachés à la nationalité Française. Ils ne s’imaginent pas qu’on pourrait les « déchoir » de celle-ci, il est vrai que ça ne leur viendrait pas à l’esprit de s’en prendre à un quelconque représentant de l’Etat mais imaginons que sur une erreur de justice, on les condamne à ne plus être Français. Le choc serait grand, et amer. L’incompréhension aussi.

Est-on Français par le sang, ou par les idées ?

C’est marrant comme le débat sur l’identité nationale, tant décrié dans tous les médias et les blogs, ne me paraissait pas si inutile que ça. Il me semblait même être important. Comment sait-on qu’on est Français, et aux yeux de qui sommes-nous Français ? Suffit-il de supporter l’équipe de France ? C’est pour ça que je trouvais aussi que Maître Eolas y allait un peu fort en invitant les gens à bafouer le drapeau tricolore avant que la loi sur le sujet ne passe. Mes amis sont fiers de brandir notre drapeau, comme signe de leur volonté de montrer qu’ils sont Français avant tout. Et c’est sûr que cela a plus de force quand il n’y a pas de loi qui vient interdire le contraire. Mais que penser d’un Français qui crache dessus alors ? Veut-il montrer qu’il n’est pas fier d’être Français ? Auquel cas, considérons leur geste comme hautement symbolique et rappelons-nous que ces gens n’aiment pas notre pays. C’est à ça qu’invitait Maitre Eolas ? Je ne pense pas, je me doute que ce n’était que pour protester contre une loi, mais le geste ne me plait pas.

Ce débat sur notre identité me passionne toujours autant et cette fois, je serais plus tolérant. Même si la mesure pouvait me séduire au premier abord, même si finalement je me fichais que des « nouvellement français » redeviennent étrangers, et même si je me dis que ça pourrait solutionner une partie des problèmes, je consens à m’y opposer, au nom de ces étrangers pourtant si Français. Les autres, on s’en débarrassera d’une manière plus juste.

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4 Commentaires

Classé dans Éclairs orphelins

4 réponses à “Je suis Français – Moi non plus Part. II

  1. Ce débat en fait ne m’intéresse pas, toute notion de nationalisme m’étant étrangère (et me faisant parfois gerber).

    Deux choses :
    1. Je suis citoyen français (j’habite, je vote, je paye mes impôts),
    2. Le français est ma langue maternelle.

    Pour le reste, je me sens probablement beaucoup plus proche d’un gauchiste sud américain qu’un Parisien frontiste…

    • ValLeNain

      Je suis beaucoup trop attaché à des choses comme la gastronomie Française, la langue française, l’histoire de la France ou même ses paysages pour pouvoir me désintéresser de ce débat.

      Après, j’arrive de plus en plus à comprendre que des Français puissent s’y désintéresser (il faut du temps):D

  2. fred

    À l’instar de Nicolas, je me sens pas spécialement plus français qu’autre chose. J’ai la culture française de base, l’habitude quoi.
    J’aime mon pays pour ce qu’il a et que la Corée du nord, l’éthiopie, le Pérou ou les états-unis n’ont pas, mais on n’est pas non plus le pays idéal en tout point. Par exemple on ne vaut pas la Suède je pense (http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie : ce ne sont que des chiffres abstraits, mais bon).

    Je les aime pas des masses, mais bon j’irai pas aggresser les flics pour autant ^^. M’enfin franchement, faut vraiment être débile pour établir un lien de causalité pénale entre « aggresser un flic » et « perdre la nationalité française » avec comme condition « être français mais pas trop ».

    Soyons fous, imaginons que je sois fils ou petit fils d’immigrant. Ça ne change rien à mon absence d’animosité envers les flics. Ça ne change rien au fait que mon pays, la France, je l’aime « vite fait ». Et puis là on me parle de cette loi. C’est ma patrie qui a élu ce guignol ? C’est donc elle qui, indirectement, fait de moi quelqu’un de « moins français » que les autres ? Non là, je vois pas comment je peux continuer à reconnaitre ce pays comme le mien.

  3. Balle de voyou

    Quand on qualifie quelqu’un de voyou, il faudrait peser ses mots pour que l’adjectif ne devienne pas un substantif.
    Voyou et ce n’est pas nouveau, c’est le mot qui pue dans toutes les revues, le mot qui court les rues, le mot qui tue.

    Q U E S T I O N :
    Qu’y a-t-il de commun entre
    a- Un gamin éperdument voyou
    b- Un patron prétendument voyou
    c- Et un président indûment voyou ?

    R E P O N S E :
    Tout ce que « Marianne » et la morale réprouvent.

    Dans tous les cas de figures, on a affaire à des durs qui sont prêts à tout pour imposer leur sens de la mesure.
    Pour eux, comme on dit, la fin justifie tous les moyens.
    Sauf que nos trois figures ne relèvent pas de la même caricature.
    Le premier, le beau gosse de rue cherche d’abord à nuire.
    Le second, chef d’entreprise cherche surtout à s’enrichir.
    Quant au troisième, pour le saisir il faudrait relire « le Prince » de Machiavel pour comprendre ce qu’il faut dire ou ne pas dire pour se faire réélire !
    C’est ce qu’on appelle la politique, qui depuis la Grèce antique est restée fondamentalement cynique : à chaque fois qu’elle distingue devoir et pouvoir, elle devient voyoute !

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20voyou